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jeudi 8 septembre 2011

Le rôle de la femme au Moyen-âge

Vision d'Hildegard - Codex Scivias (1174)
Si l'article Wikipédia est vrai (vive l'information immédiate), notre vision négative du rôle de la femme au Moyen-âge viendrait plutôt de l'époque classique antique suivant le Moyen-âge.  Le Moyen-âge est réellement une époque fascinante. Mais avant de poursuivre, une question : l'époque classique n'est-il pas une période de décadence de l'ancien Moyen-âge? 

"Peu d'études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Âge en France. L'image de la femme confinée à la sphère domestique et à l'éducation des enfants relève plus d'une idée préconçue que d'une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement. Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Selon l'historienne Régine Pernoud, il semble important de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Âge comme la pire. En effet, il s'avère, par exemple, qu'elles possédaient le droit de vote (dans les assemblées). Leur domaine s'est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l'avènement de la culture classique antique. Auparavant, elles avaient un réel rôle social et une vie professionnelle. N'oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l'archevêque de Reims et qu'elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée. C'est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l'époque classique. Rappelons-nous que les femmes n'ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Âge. La première disposition en ce sens est prise par Philippe le Bel. Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n'a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certains abbesses avaient au Moyen Âge autant de pouvoir que certains seigneurs. Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l'influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec la Renaissance. L'étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décrypter le statut des femmes; ceux-ci montrent qu'elles ont possédé une plus grande autonomie qu'on ne l'imagine. Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu'ecclésiastique semble se modifier au XIIIe siècle. C'est seulement au XVIe siècle qu'un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l'État."

Source: Wikipédia

dimanche 26 décembre 2010

Éclatez en cris de joie


« Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la force divine de son bras aux yeux de toutes les nations. Et, d'un bout à l'autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu .» (Isaie; 52)

Charles Le Brun - L'Adoration des mages

C'est sur ces merveilleuses paroles que le prophète Isaïe parle prophétiquement de la venue du Seigneur, celui qui rachètera le peuple juif de ses fautes. Pourtant, à qui ces paroles peuvent-elles éveiller encore des sentiments?

« Éclatez en cris de joie » : Qui peut éclater de joie autre que celui qui n'est pas dans la joie? Si la cité, ton âme, est en désolation n'aurais-tu pas envie de crier de joie, si la lumière, en qui est la vie, se présente à toi? Alors crie ta joie et croit en cette lumière qui est apparue dans la nuit, ensuite, tel un arbre s'abreuvant de la pure lumière, tu pourras croître dans la paix.

« ruines de Jérusalem » : Que la cité sainte soit en ruine, cela peut arriver lorsque les chefs ne gouvernent pas selon la Justice et la Vérité. Lorsque les infidèles souillent le temple sacré. Et, lorsque les pauvre n'obtiennent pas la compassion. Toutefois, Jérusalem c'est nous. La Jérusalem en ruine apparaît lorsque nous obéissons à des principes pervers, lorsque nous souillons notre âme par l’idolâtrie et nous sommes aveuglés par le froid démon de l'orgueil.

À celui qui son âme est en ruine, dont le glaive de Dieu a brisé ce qui reposait sur des mauvaises fondations, regarde le lys dans son autre main. Il juge ceux qu'il aime et est miséricordieux envers eux.

Mais, nous sommes aussi des pauvres. Nous sommes et seront éternellement des pêcheurs, cependant nous sommes aussi des pauvres qui payent pour l'injustice, la  malhonnêteté et les vices de nos prochains. Nos âmes demandent la justice et la paix pour notre monde. Isaïe, le divin prophète, a transmis la promesse de Dieu faîte à son peuple : « d'un bout à l'autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu .» Et, des milliers d'années plus tard cette promesse nous est encore adressée, nous verrons la justice. Cette promesse se réactualise à chaque fois que nous sommes plongés dans les ténèbres et l'injustice. 

L'évangéliste Jean écrit dans son prologue : « Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. ». Sois heureux, car tu peux te reposer en toute confiance en sa volonté, car seul ce qui repose en Dieu permet de durer éternellement, et seul ce qui repose en lui contient la vie. Le reste un jour où l'autre disparaîtra, s'en est ainsi!

dimanche 14 novembre 2010

Jésus-Christ monta dans un petit château fort...

Dans son sermon numéro 2, Maître Eckhart (1260-1328 ap. JC), un dominicain, maître en théologie de l’université de Paris, utilise un passage de l’Évangile de Luc (10,38) afin de montrer la disposition que doit avoir l’âme humaine afin d’accueillir le Christ. Maître Eckhart traduit ainsi Luc 10,38 : « Jésus-Christ monta dans un petit château fort et il y fut reçu par une vierge qui était une femme  »[1]. Pour lui, l’âme humaine se doit d’être vierge afin de recevoir le Christ.  Par virginité, il entend le détachement face aux choses de ce monde. Seulement, dans cette condition, le Christ peut, lui, venir y habiter afin que l’âme vierge se transforme en femme, car d’après Eckhart, il y fut reçu par une vierge qui était une femme.
Pour Maître Eckhart, la virginité de l’âme se définit par la liberté par rapport aux choses, aux images, aux sensations et aux créatures. Cela permet de comprendre que cette vierge qui était une femme, signifie qu’elle était vierge par rapport à la création, au terrestre, mais qu’elle était femme par rapport au Christ, au céleste. Pourquoi est-ce que l’âme humaine doit être vierge pour accueillir le Christ? Car, le Seigneur est le plus doux des sons et la plus subtile des lumières.  

Dans l’Ancien Testament, si Dieu se manifeste accompagné d’éclair c’est pour signifier sa puissance, sa gloire et sa royauté. Toutefois, dans le livre des Rois, on raconte  l’histoire du prophète Élie, qui eut ordre d’attendre la présence du Seigneur. Plusieurs phénomènes naturels impressionnants se produisirent, mais il ne vit pas le seigneur dans ces phénomènes. Finalement, ce fut dans un murmure doux et léger qu'il perçut sa présence : « … il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : [mais] l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : [mais] l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : [mais] l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Dès qu'Élie l'entendit, il se voila le visage avec son manteau.. »[2] C’est dans ce murmure doux et léger qu’Élie sentit la présence de Dieu, et il suivit ce murmure. Un murmure doux et léger dans lequel sont contenues la puissance, la gloire et la royauté du Seigneur.

Mais pour entendre ce murmure doux et léger, il faut que l’âme soit vierge et libre. Car, comment peut-on entendre ce murmure si l’âme est occupée à milles et une occupation ?

Dans la Bible, on le voit souvent, des prophètes vont dans le désert afin d’y trouver Dieu, ils y jeûnent et ils y prient. C'est à cet endroit que part Jésus afin de prier, de jeûner, et c’est aussi à cet endroit qu’il y sera tenté. Car le désert c'est l'absence. Mais pour la Bible, c’est dans cette absence qu'est caché le souffle, la parole de Dieu.

Dans le désert, la nuit, le ciel étoilé se manifeste. De tous les temps, ces cieux furent liés aux divins. L’âme habitée par le divin est semblable à une nuit peuplée d’étoile. Lorsque les activités et les préoccupations superficielles de l’homme s’éteignent et que le vide se fait. Lorsqu'en son cœur, il se forme un désert et que ses préoccupations s’éteignent. Le ciel éternel peuplé d’étoile apparaît; expression éternelle, immuable et symbolique de l’infini, de la sagesse et de la beauté de Dieu. Toutefois, il ne faut qu’une ville, telle Las Vegas, apparaisse pour que ce ciel peuplé d’étoile, brillant délicatement et subtilement, s’éteigne au profit des lumières nées de l’industrie, de l'agitation et du désir des hommes. Ce n’est pas un hasard, si les hommes perdent le goût du divin, du silence et de la beauté, à mesure que les villes tissent leurs toiles lumineuses, voilant du regard des hommes le champ infini suspendu au-dessus de leurs têtes.

Ainsi, afin d’accueillir le divin, l’homme doit se créer une forteresse. On doit ériger un rempart contre les agressions extérieures de la publicité, des réclames, des excitations sensorielles artificielles, des passions, qui enchaînent l’âme, afin que dans ce château, il puisse y avoir cette « vierge qui était une femme ». À ce moment, Jésus pourra monter dans ce  « petit château fort ». Dans cet espace protégé par des remparts, le Christ pourra y parler, et l’âme pourra s’y mouvoir librement et joyeusement, elle sera aussi femme par la grâce de la présence du Christ. Ainsi, ce sera à l’extérieur de ce château que se retrouveront les brigands, les violeurs, les assassins et les mille séductions.

Il y a des musiques qui nous permettent d’ériger des murailles, et d'aider à faire ce silence en nous, je pense spécialement aux chants grégoriens et aux compositions d’Arvo Part.

Attaché à ce billet : Arvo Part, « Spiegel I’m Spiegel » (Mirroir dans un Mirroir)


[1]  Certains remarqueront que la traduction de Maitre Eckhart est très différente de la bible actuelle. Je vais revenir sur l'histoire de cet extrait (Marthe et Marie) dans un prochain billet. Pour l'instant, ne nous concentrons pas sur la validité exégétique de la traduction d’Eckhart.
[2]  1 Rois 19:11

dimanche 7 novembre 2010

Évangile selon Marie et Évangiles canoniques : Partie 3


Évangile de Marie : « là où est l’intellect, là est le trésor »
Que signifie l’Intellect? D’après l’ÉsM, on sait qu’il ne correspond pas à l’esprit (pneuma) et ni à l’âme. [1] Il est probable que cette classification soit semblable à celle utilisée par St-Paul dans sa lettre aux Corinthiens[2], l’âme serait le centre des désirs de la chair , alors que l’esprit serait un corps spirituel. Toutefois, ce n’est pas certain. En grec, on utilise noûs pour référer à l’« Intellect », il a été utilisé par les platoniciens pour désigner la partie la plus haute de l’homme. Dans le Phèdre, Platon indique : 

« L'Essence (qui possède l'existence réelle), celle qui est sans couleur, sans forme et impalpable; celle qui ne peut être contemplée que par le seul guide de l'âme (le noûs) l'intelligence; celle qui est la source du savoir véritable réside en cet endroit. »

On voit très bien la réinterprétation platonicienne de cet extrait. Ceci n’est pas surprenant considérant que dans la bibliothèque de Nag Hammadi, nous avons retrouvé un extrait de la République de Platon. Afin de confirmer cet emprunt platonicien du terme « Intellect » dans l'ÉsM, nous pouvons vérifier son utilisation dans la prière gnostique de l’apôtre Paul  (une prière pseudépigraphique du codex I de Nag Hammadi ). Dans cette prière, on y dit: «tu es mon intellect, engendre-moi. Tu es mon trésor, ouvre-moi. »[3] Lorsque l’auteur dit « tu es mon intellect », il s’adresse au Sauveur. Le Sauveur est l’Intellect, la source du savoir véritable. Dans ce cas, le Sauveur est associé à cette « source du savoir véritable », le trésor. C'est lui, la partie la plus haute de l'âme humaine, dont l'homme peut s'ouvrir.

Nous pouvons, par analogie, substituer l’intellect gnostique au noûs platonicien. L’Intellect(ou noûs) est universel. Il n’est pas lié au particulier. Le noûs est comme une étoile que l’homme, à travers son âme, peut contempler pour se guider. L’interprétation gnostique est semblable à l'interprétation platonicienne, le Sauveur est l’Intellect. C’est l'étoile Polaire de l’âme humaine. C’est pourquoi que l’ÉsM peut dire « là où est l’intellect, là est le trésor », car cet extrait, d’inspiration platonicienne, enseigne aux gnostiques, qu’ils doivent trouver cet Intellect afin de ne plus se troubler, il est là le trésor.

Évangiles canoniques : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur »

À travers l’ensemble du Nouveau Testament, le terme kardia est employé en référence à l’intériorité de l’homme, le cœur correspond au domaine intérieur de l’homme; à l’intimité de l’homme à lui-même. C’est approximativement, la même définition que nous considérons au 21e siècle.[4] Le cœur c’est l’essentiel humain de l’homme. Le coeur n’est pas le souffle (l’esprit de Dieu), et ce n’est pas ses désirs. En paraphrasant Saint-Paul, nous pourrions dire que le coeur n’est pas le corps psychique (corpus animale) ou le corps spirituel (corpus spiritale), mais c’est l’intimité de la conscience de l’homme avec ce corps psychique et le corps spirituel. On ne peut pas du tout le rapprocher de l'intellect gnostique.

Selon les évangiles canoniques, c’est ce que l’homme considère le plus cher à ses yeux, que là sera son cœur. L’essence d’un trésor, c’est d’avoir de la valeur aux yeux d’une personne. Si nos richesses sont à l’extérieur de soi, notre cœur sera à l’extérieur de soi, et nous serons inquiets, car les voleurs pourront voler notre trésor, et les mites pourront le dévorer. Si notre trésor est à l’extérieur de soi, notre cœur sera constamment projeté en dehors de soi. Nous serons constamment appelé à être déterminé par les circonstances, par les autres, nous serons inquiets afin de ne pas perdre ce trésors. Et, c'est pourquoi, il est écrit d’« amassez- des trésors dans le ciel ». Et, c’est dans les cieux que réside le père céleste… c’est dans le ciel que se retrouve l’éternité, c’est dans le ciel que se retrouve notre père, la source de toute joie, de toute lumière, de toute vérité.

À suivre

[1] Du latin, « Spiritus » peut signifier Esprit ou Souffle. Le terme grec pneuma signifie aussi Esprit ou Souffle
[2] 1 Cor 2,16 : « seminatur in corpus animale, surgit corpus spiritale » ou « on est semé corps psychique, on se relève corps spirituel ».
[3] Prière de l’Apôtre Paul, NH I,I
[4] Luc 2,19 : « Quant à Marie, elle gardait avec soin toutes ces choses, les repassant dans son cœur »

Évangile selon Marie : Intellect et Cœur, Partie 2

Ceci est le deuxième billet d'une série de trois. Pour lire le billet précédent, cliquez ici

Au chapitre 10 de l’Évangile selon Marie (ÉsM), on y lit la vision que Marie dit avoir reçue du Seigneur. Dans ce chapitre, le Seigneur s’adresse ainsi à Marie : « Bienheureuse, toi qui ne te troubles pas à ma vue, car, là où est l’intellect, là est le trésor. » Par après, le Seigneur déclare, « ce n’est ni au moyen de l’âme ni au moyen du pneuma qu’il voit, mais l’intellect [étant] entre les deux, c’est lui qui perçoit la vision et c’est lui qui … »
Certains lecteurs familiers avec les Évangiles canoniques ont peut être remarqué que cet extrait « Là où est l’intellect, là est le trésor » se retrouve semblablement dans la même forme dans l’Évangile de Mathieu et dans celui de Luc. Dans l’Évangile de Mathieu on y lit :

« Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mat 6, 19-21)

Deux différences
N’est-il pas curieux de constater une similarité et des différences entre l’extrait de l’ÉsM et celui de Mathieu. Pourquoi, ne pas avoir utilisé la même expression? Que signifient ces variations? 

Entre la version de l’Évangile de Mathieu et de l’ÉsM, on remarque deux différences. Premièrement, une relation inverse entre le trésor, et le cœur ou l’intellect. Ainsi, dans l’ÉsM, là où sera l’intellect, là sera le trésor. Alors que dans l’Évangile de Mathieu, on dit que là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. 
ÉsM : Intellect -> Trésor
Évangiles canoniques : Trésor -> Cœur

Ensuite, les Évangiles de Mathieu et de Luc emploient le terme « cœur » (kardia en grec), alors que l’ÉsM emploie le terme « Intellect », provenant probablement du grec, «noûs»

À suivre

samedi 6 novembre 2010

Évangile selon Marie : Introduction

L’Évangile selon Marie est un récit chrétien d’inspiration gnostique, il a été écrit en grec au 2e siècle. On possède trois manuscrits coptes datant du 3e ou 4e siècle. C’est fort probablement un évangile pseudépigraphique, ce qui veut dire que l’attribution à Marie ne signifie pas qu’il a été écrit par une femme appelée Marie, mais que l’auteur a voulu placer son récit sous le signe de Marie. De cet évangile, nous avons perdu les pages 1 à 6 et 11 à 14. D’après les extraits que nous en avons, le récit raconte le désespoir des disciples de Jésus, après sa mort, et le conflit entre Pierre et Marie.

À la page 6, on y trouve Jésus résurrecté qui s’entretient une dernière fois avec ses disciples. Après avoir annoncé son message, Jésus partit, et ses disciples furent accablés. « Comment proclamerons-nous l’Évangile du Royaume du Fils de l’Homme? Si lui n’a pas été épargné, comment, nous, le serions-nous », s’interrogent-ils. Toutefois, Marie se leva, et annonça une révélation que Jésus, lui-même, lui aurait dévoilée. Cependant, Pierre est sceptique, et il  demande à ses compagnons s’il « est possible qu’il (Jésus) se soit entretenu avec une femme en secret ». Mais, Lévi se choqua, prit la parole, et rabroua Pierre, « je te vois maintenant argumenter contre la femme comme un adversaire. Pourtant si le Sauveur l’a rendue digne, qui es-tu, toi, pour la rejeter? » Après le discours sévère de Lévi, les disciples semblent être réconciliés et ils partirent pour annoncer et prêcher l’évangile.

Si, ce récit a été écrit au 2e siècle, il l’a été lors de l’élaboration de l’Église naissante, où le rôle de la femme y était débattu. En arrière-plan de cet évangile, on retrouve l’idée que Pierre n’aurait pas reçu entièrement la révélation, mais qu’il y aurait une révélation ésotérique, dans ce cas, ce serait Marie qui aurait reçu cet évangile secret. 

L'ÉsM est un évangile pseudépigraphique attribué à Marie. On peut se demander, à quelle Marie l’auteur fait référence. Car, il y a plusieurs Marie dans les Évangiles.  Mon hypothèse est que l’auteur fait référence à Marie, la sœur de Marthe, celle qui s’assit près du Seigneur dans Luc 10, 38 – 42. 

En se plaçant sous le symbole de Marie (la sœur de Marthe), l’auteur a voulu signaler qu’il se situait dans la tradition ésotérique et mystique du Christ. Car, on explique traditionnellement l'histoire de Marie et Marthe comme étant l’expression de la dualité entre la contemplation et l’action. Marie étant la contemplative et la mystique. Alors que Marthe est occupée à travailler pour préparer le repas pour le Seigneur, on souligne qu’elle représente l’aspect actif.

Ma deuxième hypothèse est encore plus audacieuse. Est-ce que Marie et Marthe (de l'Évangile de Luc) ne représentent pas le même couple binaire que Pierre et Marie (ÉsM)? Dans l’histoire de Marthe et Marie, Marthe demande à Jésus d’exiger que Marie l’aide à effectuer les tâches, et le Seigneur refuse, et il déclare « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée. » Dans l’ÉsM, Pierre n’a pas pu obtenir la révélation, il n’a pas reçu la révélation du Seigneur, mais Marie a reçu une vision. Ainsi, lorsque Marie dévoile sa vision. Pierre se met en colère et il critique Marie. Pierre n’agit-il pas semblablement comme Marthe? Toutefois, ce n’est rien qu’une hypothèse très hasardeuse. Peut être est-ce je l’étudierais plus en profondeur lors d’un prochain billet.
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Lors des prochains billets, je commenterai certains passages de cet évangile.

Je suis l'Éternel, ton Dieu...

Je suis l'Éternel (YHWH), ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.

Introduction aux dix commandements : C’est le Seigneur, mon Dieu, qui m’a fait sortir de l’Égypte, de la maison de servitude. J’étais prisonnier, et il m’a libéré. Mon cœur criait et criait, encore et encore, pourtant aucun mot n’était dit, et dans le silence, mon appel était lancé. 

Les dix paroles, prononcées sur cette montagne, tu me les as dites, afin, qu’éternellement, je puisse m’exercer à cette liberté. 

Afin que je sois sans attache, je peux être entièrement à toi. Tu es un Dieu jaloux. Et tu me veux jalousement. Tu veux m’arracher d’Égypte, afin que je puisse être à toi. Et moi, de ce que j’en conçois, tu m’invites à venir te réfugier auprès de toi, pour qu’enfin, je puisse être protégé de l’avilissement et de l’anéantissement.